Non, je ne propose pas de concours photo, parce que je n’aurais rien à offrir en fait.
Maintenant que je viens de perdre les 3 nouveaux lecteurs, (snif), je peux raconter tranquille ma petite histoire. En flânant sur des sites institutionnels, j’ai trouvé pas mal de concours photo et vidéo. Ouais je ratisse large. Bien tentée par deux d’entre eux, je consulte les règlements, et j’adore un truc dans les règlements de ces concours… C’est l’article « Cession des droits » en gros si on suit le cheminement (c’est plutôt le mien en fait) ça se passe comme ça:
- Tu prends du temps pour repérer, préparer ta photo ou ton film
- Dans le cadre d’un film, il faut l’écrire, mais il faut aussi passer un temps non négligeable à obtenir des autorisations de tournage sur la voie publique. C’est ça qui est génial, l’administration. Très peu de mairie ont un bureau dédié aux tournages, du coup, on se retrouve devant la grande question : à quel service je fais la demande?
- Tu tournes enfin, tu prends du temps (et de l’encre, et du papier) pour faire signer les autorisations aux personnes qui apparaissent plus ou moins volontairement dans le cadre.
- Tu montes ton film et tu paies peut-être les droits sur l’illustration sonore, tu prends du temps. Si c’est une photo et que tu es à la vieille école, tu t’enfermes dans ta salle de bain chambre noire pour développer et tirer, si t’es au top du numérique tu la retouches plus ou moins sous photoshop
- Tu te fais aussi suer à monter le dossier, des fois, tu dois même présenter ton bébé devant un jury
- Tout ça, pour refiler gratuitement ton bébé, sans limite dans le temps (ou alors des durées relativement longues), et encore plus souvent pour servir à promouvoir X ou Y opérations.
Le plus souvent, on vous explique que votre photo aura la chance d’être publiée, utilisée pour promouvoir la structure organisatrice dans l’univers tout entier (ça inclue donc Mars et Saturne qui sont des planètes à fort potentiel d’audience) sans limite de temps, de retouche, de photo-montage (ou de remontage). C’est super sympa n’empêche. D’un côté on te file 500€ de gains (dans le meilleur des cas) ou le droit d’être exposé dans une expo (payante l’expo, et ton cliché en 24*18 sera à droite juste à côté des WC), et d’un autre, on économise le prix d’un photographe professionnel, (tu sais, celui qui fait les jolies photos de mariage, de cartes postales et autres).
Je ne connais pas le prix que demandent les photographes pros pour une commande institutionnelle où ils cèdent tous les droits, mais une chose est sûre ils ne bossent pas gratuitement. Mais de là à jouer sur l’égo des « amateurs », il y a une limite que franchissent allégrement certains organisateurs. J’aimerais que certains comprennent que c’est une arnaque, qu’on profite de leur talent, ou de leur égo pour au final promouvoir quelque chose qui rapporte à la collectivité, à l’entité financière mais tellement plus rarement à tous…
Bien sûr, les entreprises partent dans le même délire, le délire de sous-traiter à bas prix leur nouvelle photothèque, leur nouvelle campagne de pub, leur numéro spéciaux (spécial été où la rédac est presque vide). A chacun de prendre conscience qu’il s’agit au fond d’un travail, que ce n’est pas un don fait aux autres que d’abandonner ses droits d’auteur avec si peu en retour…





Et oui c’est bien pour ça que jamais je ne me suis laissée tenter par ce genre de concours, gentille oui, poire non !
Pour le cout, 30 clichés d’un thème bien précis 8000 euros en cession totale de droit d’exploitation sur 5 ans, c’est un thème qui n’est pas marqué dans le temps, durée du reportage 1 ans (genre la culture du rutabaga au fil des saisons) le client se faisait fort d’obtenir les autorisations pour les lieux privés inclus dans le reportage.
Ces même personnes, pour qui je travaille, avaient repéré un des mes photos perso, réalisée à titre personnel, sur mes temps de repos/congés et voulait l’inclure dans leur banque d’image, lorsque j’ai demandé combien ils voulaient m’en donner et à quelle conditions la réponse a été mais pour la gloire en cession complète de droit d’exploitation, et votre nom sera cité en crédit photo, ils se sont assis dessus, ils n’ont pas aimé, ça a sans doute contribué à la mise en place de mon placard mais m’en fiche, mes photos même si elles ne sont pas extraordinaires, ne sont pas à donner, ou alors c’est moi qui décide de les offrir maison ne me force pas la main…
En fait, je suis toujours tentée par un des concours parce que les gains sont assez importants et que la concurrence est casi nulle, mais j’irai, si je suis mes envies, à l’opposé de ce qu’ils attendent, donc je serais sûrement éliminée avant même d’exister…
Pour la vente de photo, ça a été un peu pareil à un moment, les chefs trouvent nos photos géniales, mais par contre elles ne valent pas un centime à leurs yeux. J’en offre volontiers à des gens que j’apprécie, même si il est question de hiérarchie, pour le moment, je n’ai fait aucune vente, je n’ai pas cette envie là, et pas la prétention de pouvoir le faire. Je crois que j’ai notion de cette valeur du travail artistique assez tôt, et ça a commencé avec mon film de bac dont j’ai refusé l’utilisation pour promouvoir quelques personnages.
Pour alimenter un peu la discussion, voici les barèmes indicatifs de l’Union des Photographes Créateurs. A mettre sous les yeux des ceusses qui n’admettent pas qu’une photo a un coût.
Bienvenue en ce lieu Wosh, et merci pour ce barème très instructif. En le parcourant un peu, je dois dire que je ne trouve pas les tarifs exorbitants une fois ramenés à l’utilisation faite des photos.
Malheureusement, je n’ai rien vu de lié aux concours… C’est un cas un peu particulier, je pense.
Et puis, il y a concours et concours : j’en ai vu des « un peu » plus respectueux des droits d’auteur.
Mais tu as raison de dire que l’on joue sur l’ego des photographes amateurs qui n’ont pas vraiment d’autres moyens de faire connaître leur travail. Par définition, un amateur travaille par passion et non pour l’argent… Mais il y en a qui pousse le bouchon un peu loin, deviennent des semi-pro mais continuent de donner leurs œuvres…
Pour un amateur qui veut faire sortir ses photos de son cadre privé, je pense que le meilleur moyen est de faire partie d’une structure genre club photo.
A propos des tarifs du barème UPC, il ne s’agit que de la cession des droits d’auteur, les à-côtés sont à la charge du commanditaire !
Et dans le cas de ton concours où les œuvres auraient de multiples utilisations sans durée dans le temps, la facture serait lourde…
J’ai pris comme référence pour trouver les prix le peu d’indication sur les utilisations probables et je ne trouve pas que c’est excessif on tourne autour de 5000€ de droits d’auteur (par rapport au nombre de photos généralement demandé et au nombre de lauréats). Maintenant, j’estime qu’une entité publique peut aussi faire l’effort d’embaucher quelqu’un ou même plusieurs personnes pour réaliser la commande (il n’y a pas d’appel d’offre à faire pour ces montants), c’est ça aussi de faire marcher l’économie: arrêter de croire que la photo, la vidéo c’est gratuit
Hello,
as-tu des liens vers ces fameux concours ? Je suis intrigué…
Je ne retrouve pas les liens, certains datent un peu et ont été enlevé des sites.
Moi je ne trouve pas que c’est de l’arnaque, en ce sens que les photographes amateurs peuvent aimer collaborer à un projet et que même s’ils gagnent moins qu’un pro, ils font ça pour leur plaisir, c’est un revenu complémentaire, et ils choisissent à quel projet ils veulent contribuer.
Ensuite, même s’il y a des clauses de cession de droit, tu restes propriétaire de ton œuvre, donc si jamais tu ne gagnes pas le concours mais qu’ils utilisent ton œuvre ultérieurement, tu auras droit à des royalties. :smile:
Bienvenue à toi aussi par ici, le soucis que je soulève, n’est le fait que x ou y personnes souhaitent participer mais l’utilisation qui faite des photos, vidéos ou autre support par certaines collectivités. Certaines organisent des concours dans un but de cohésion (le cas souvent pour les MJC ou maisons de quartier) et n’utilisent pas les photos pour des outils de promotion interne ou externe, des fois le but unique est de faire une expo pour les habitants.
Il est très rare que les concours disposent d’une dotation, sur la vingtaine dont j’ai parcouru les règlements pour écrire cet article, un seul proposait des gains en matériels ou en numéraire.
Concernant le revenu complémentaire, dans le cadre de ces concours, c’est donc impossible, autant jouer au loto, ça rapportera plus.
Pour les clauses de cession, toute participation inclue la cession de ces droits dans 99% de manière totale et définitive. Tu conserves au mieux la paternité des photos, mais pas les droits d’utilisation.