mar 22

Absolument débordée – Zoé Shepard

Absolument débordée - Zoé Shepard

Absolument débordée - Zoé Shepard

J’ai reçu vendredi le livre de Zoé Shepard Absolument débordée. Non je ne l’ai pas eu gratuitement, mais acheté en ligne.

J’ai dévoré le livre en environ 4h, d’une traite. Elle y parle de son travail, enfin de son emploi. Elle est employé dans une Collectivité territoriale, et fait 35h de présence par semaine, 35h de travail effectif en un mois (c’est elle qui le dit). Ça plante le décor, oui, il y a des fonctionnaires qui n’en font pas une, mais ce n’est pas de leur faute.

Bon, je dois dire que le livre est bien écrit, bien rythmé, pour la forme, c’est un peu comme les romans de la chick-lit Bridget Jones en tête sauf que là, il y a du fond. Et le fond, il est lourd. En gros, Zoé donne raison à ce que pense des milliers de personnes en France vis à vis des fonctionnaires. Sauf que Zoé en est malade. Je peux largement la comprendre. J’ai été à sa place. Dans le privé, mais c’était tout pareil. Je n’avais rien à faire, j’avais trois jours pour mettre en ligne un texte de 10 mots sur le site internet, je passais mon temps à réserver des billets d’avion pour des destinations que je ne soupçonnais pas comme lieu de travail. Bref je m’ennuyais. Et quand le cerveau commence à végéter, il n’y a pas 36 possibilités, soit tu trouves un poste ailleurs, soit tu pries pour devenir millionnaire, quitter ton boulot et en chercher un autre tranquillement. Il y a aussi la possibilité d’en rire, mais de suite, c’est plus délicat.

D’un côté, je l’envie Zoé d’avoir un poste, moi je l’attend encore, mais j’ai relevé une bonne idée pour en trouver un « Dans la fonction publique territoriale, c’est le décolleté qui doit être rempli, pas le CV. » Là, pour le coup, je vais aller m’acheter un wonderbra, un lot de chemisiers et hauts décolletés et effacer la moitié de mon CV.

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8 comments!!!

  1. Catherine dit :

    Ce qui me gène dans tout ça c’est la tendance qu’ont les gens à généraliser. Elle dépeint son expérience. Tous les fonctionnaires ne vivent pas la même chose. Je trouve qu’elle crache dans la soupe.

    • Tu as bien dit, les gens généralisent, pas elle, c’est clairement exprimé dans son livre ;-)
      Elle ne crache pas dans la soupe, elle constate et nous communique SA situation.
      La question que je me pose depuis la sortie de ce livre et les diverses réactions qu’il a suscité est simple : est ce que sous prétexte qu’on a « la chance » d’avoir de la soupe on ne doit pas dire que parfois elle n’est pas à notre gout et qu’on pourrait l’améliorer pour la rendre meilleure ? :?:
      Doit on toujours se contenter de bougonner dans son coin sans faire part de ses irritations sous prétexte que déjà on a un poste ? :shock:
      Personnellement j’ai toujours été une râleuse, parfois bougonne mais souvent je l’ouvre, ça m’a valu des surprises bonnes ou mauvaises mais au moins j’ai pas d’ulcère :mrgreen:
      A mon sens le silence n’est jamais bon :razz:

      • Emma dit :

        Les gens généralisent, mais ne remettent pas en question, ne vont pas plus loin. Ce qui m’a marqué dans le livre, c’est sa droiture, son sens moral.
        Quant au fait qu’elle s’exprime, je la remercie pour ceux qui ne le peuvent pas ou si peu. Personnellement, je n’ai jamais eu l’occasion de pouvoir dire que je n’avais pas assez de boulot lors de certains postes occupés, quand je faisais des sous-entendu, les personnes ne comprenaient pas, mais encore aujourd’hui, je me demande ce qu’elles faisaient, je ne les trouvais pas vraiment débordées…

    • Emma dit :

      Non tous ne vivent pas la même chose, quand je suis en poste version fonctionnaire, je ne m’ennuie pas, parce qu’on me donne les moyens de travailler tant en quantité de travail qu’en moyens matériels. Pour la majeure partie de mes connaissances dans ce milieu idem, ça bosse. Mais pour certains, les chefs voir plus haut ne donne pas de boulot, sont des budgétivores par le vide. Elle ne crache pas dans la soupe, je pense qu’il y a quand même de la détresse pour en arriver à écrire un livre pareil. On peut être malheureux au boulot parce qu’on a rien à faire aussi.

  2. Ed dit :

    Ah alors les enseignants ne sont pas des fonctionnaires comme les autres. J’ai bossé 6 heures 30 dimanche pour réussir à boucler toutes les préparations, corrections et autres tâches de plus en plus nombreuses et lourdes qu’on me donne la semaine, et que j’ai décompté pour la dernière en date à 41 heures. (dont 36 de présence au lycée, car j’ai assisté à 4 conseils de classes.)
    Bon, d’accord nous avons les vacances, mais avec les RTT, bon nombre de mes amis ne me les envient même plus, vu qu’à part l’été (du 14 juillet au 31 aout) je bosse aussi pendant les congés. l’été souvent je lis fifty pour le plaisir, fifty pour le boulot à venir. Mais pour autant on ne me laisse pas bosser comme je voudrais, on veut nous formater à l’européenne, ce qui donnera moins de profs, moins d’acquis pour les élèves, mais plus d’heures encore pour nous… Mais pas plus de paye, bien sûr.

    • Emma dit :

      Je pense que certains sont vraiment des fumistes, comme il y en a partout dans chaque profession aussi bien dans le public que dans le privé. Dans le livre, elle décrit quand même une situation qui la rend malheureuse, elle voudrait qu’on lui donne du boulot, ou pouvoir s’en trouver et le conserver. Le mythe du fonctionnaire qui ne fait rien à la peau dure, il est bien entretenue par les médias entre autres.
      Quand j’ai eu mon concours, la première réflexion désobligeante que j’ai eu a été « C’est bien, trouve un poste maintenant et tu ne ficheras plus rien jusqu’à la retraite ». Et bien, si c’était ça, je me suis faite avoir, quand je fais les remplacements, j’ai vraiment pas le temps de m’ennuyer et d’être paresseuse.

  3. zofia dit :

    Merde ! il va donc falloir que je me fasse refaire la poitrine ! ;-)

    En tous les cas, tu m’intrigues et le livre m’intéresse…