T’as le bonjour de la mouette

Il y a quelques années, alors que je me promenais gentillement, et à une vitesse plus que limitée le long d’une plage en voiture, j’ai eu la visite d’un oiseau, qui avait trouvé marrant de se payer mon pare-brise. Sans casse pour moi, avec un bon traumatisme crânien pour lui. N’étant pas dénué de compassion, je l’avais amené dans une association qui s’occupe des oiseaux meurtris. Je me demande encore si c’est mon pare-brise ou la balade dans le coffre qui avait eu raison de sa vie. Les deux peut-être, en attendant, j’avais du faire le ménage…

Il y a un an, un merle est tombé du nid sur mon capot en plein nuit. J’ai eu la trouille de ma vie. Je l’ai recueillie, dans une petite boite en carton, moi la trouillarde de tout. Le lendemain matin, il était bien réveillé. Je suis allée le relâcher dans le jardin d’où il venait histoire de ne pas trop le perturber.

Et récemment, l’histoire s’est reproduite. Cette connasse de mouette jouait avec le vent fort, s’est faite avoir dans l’histoire des vents ascendants/descendants, je roulais un peu plus vite que la fois précédente, et cette mouette a trouvé terriblement marrant de s’encastrer dans mon pare-brise. Oui, oui le bec en premier dans le pare-brise. vu les dégats. En plus, c’était pas ma voiture, en plus je boycotte c*rgl*ss (cf chez Ed mon avis sur certaines pubs dans les commentaires), donc du coup, j’ai bien été obligé d’expliquer ma mésaventure. Et je suis encore passée pour une blonde, le pire, c’est que c’est la faute de la mouette.

Mouette en vol

Mouette rieuse qui ne fait pas rire à la recherche d'un pare-brise à exploser

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Gorge serrée

Les yeux qui piquent, pendant des mois je l’ai vécu, en passant presque tous les soirs aux alentours de 18h en sortant de mon emploi à temps partiel, en contrat aidé, sans débouché probant, sans formation, sans pérennisation envisageable, je passais devant la table du soir.

Ca me prenait aux tripes, parce que j’avais peur, peur de faire partie un jour de ces personnes qui ont faim, peur de tomber dans une telle précarité que je sois obligée pour me nourrir de faire la queue, peur de dormir dehors faute de solution, d’argent.

Hier je suis passée devant, un peu plus légère mais décidée à faire quelque chose. Demain, j’irai faire des courses, dans un supermarché où habituellement je ne mets jamais les pieds, j’irai faire les courses pour acheter de quoi manger, mais surtout de quoi donner à cette association à l’occasion de la collecte de la banque alimentaire parce que maintenant que je vois la fin de ma galère, je peux enfin me permettre d’être solidaire.

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183 jours dans la barbarie ordinaire

Je viens de finir le livre de Marion Bergeron 183 jours dans la barbarie ordinaire En CDD chez Pôle Emploi.

Je cherche un peu mes mots pour ne pas être trop abruptes, mais j’avoue avoir du mal. La lecture de son livre ne m’a donné qu’un avis négatif, sur sa présence, sur les méthodes de recrutement de Pôle Emploi, sur elle, parce que je n’ai pu faire autrement que de la juger, même si ce n’est pas franchement sympathique de faire ça.

J’ai trouvé dans ce livre l’impression d’un recrutement bâclé surtout quand on sait en quoi consistait les candidatures sur le site de Pôle Emploi, bâclé, parce qu’elle semble juger tout aussi facilement que je le fais là.  Pôle Emploi est surement coupable d’une chose, celle de parachuter des conseillers sans aucune formation, sans base autre que leur propre expérience. Mais je n’ai aucun souvenir d’avoir vu « expérience » sur les candidatures pour ces CDD et elle dit elle-même qu’on ne lui a pas posé la question en entretien. Du coup, comment savoir si les gens recrutés peuvent supporter la pression qui vient de toutes parts?

J’ai trouvé déplacé les commentaires sur les tenues et intérêts de ses collègues, sur un alcoolisme sous-jacent chez un autre, décrire un personnage est une chose, en faire ressortir le dégout potentiel et orienter le lecteur en est une autre. Le fond de mon problème de lecture, c’est ça en fait, je me suis sentie orientée dans son texte. Pourtant j’ai croisé des cons(eillers) durant mon parcours, j’ai eu dans les files d’attentes des chômeurs proche de l’hystérie devant ou derrière moi, j’ai vu également des employeurs démolir des candidats, être méprisant envers les agents, j’ai vu des agents j’en foutiste, fumiste, fumeur constamment dehors.

Et Marion, et bien elle rassemble un peu tout ça. Parce que je n’aime pas être influencée dans ma lecture, je me suis focalisée sur ses retards qu’elle énumère presque, sur ses pauses cigarettes qui semblent incessantes dès qu’elle échappe à l’accueil, sur les absences et arrêt maladie de la seconde semaine de contrat,  sur sa répétition du mot loqueteux (pour tout le monde, pas de jaloux), sur sa fragilité que beaucoup ont du déceler inconsciemment et qui d’habitude m’attirerait beaucoup de sympathie, là ne m’émeut pas. On dirait qu’elle s’est caricaturée. Tout au début elle dit qu’elle n’est pas à sa place, mais elle y reste, personnellement quand le métier, les conditions de travail ne correspondent pas, je ne m’éternise pas, au pire je finis ma période d’essai pour tester jusqu’au bout ou vivre un mois la tête hors de l’eau. Samedi soir, elle passait dans l’émission de L. Ruquier, disant que l’idée de son livre à germer dès la première semaine de travail. Peut-être est-elle restée pour avoir de quoi nourrir les 240 pages, au fond la question je me la poserai longtemps, sans pour autant attendre de réponse.

Largement présente dans la presse, et sur des blogs à travers des réactions plus ou moins bonnes, je laisse le loisir de regarder par vous-mêmes, tout comme de le lire le livre et d’avoir un avis contraire au mien.

Ps 1: J’ai lu d’autres livres, entre autre celui de Fabienne Brutus sur son métier de conseillère également. Et j’ai beaucoup plus apprécié, le livre est surement plus fouillé, plus objectif, pourtant elles racontent toutes deux un désastre annoncé, des salariés désabusés et des demandeurs d’emploi aigris… parce que c’est comme ça et que l’information ne semble pas remontée.

Ps² : je ne minimise pas la souffrance au travail, elle a du en chier comme on dit, comme des milliers d’autres aussi.

Ps3: je prête le livre à qui n’en veux.

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