nov 26

183 jours dans la barbarie ordinaire

Je viens de finir le livre de Marion Bergeron 183 jours dans la barbarie ordinaire En CDD chez Pôle Emploi.

Je cherche un peu mes mots pour ne pas être trop abruptes, mais j’avoue avoir du mal. La lecture de son livre ne m’a donné qu’un avis négatif, sur sa présence, sur les méthodes de recrutement de Pôle Emploi, sur elle, parce que je n’ai pu faire autrement que de la juger, même si ce n’est pas franchement sympathique de faire ça.

J’ai trouvé dans ce livre l’impression d’un recrutement bâclé surtout quand on sait en quoi consistait les candidatures sur le site de Pôle Emploi, bâclé, parce qu’elle semble juger tout aussi facilement que je le fais là.  Pôle Emploi est surement coupable d’une chose, celle de parachuter des conseillers sans aucune formation, sans base autre que leur propre expérience. Mais je n’ai aucun souvenir d’avoir vu « expérience » sur les candidatures pour ces CDD et elle dit elle-même qu’on ne lui a pas posé la question en entretien. Du coup, comment savoir si les gens recrutés peuvent supporter la pression qui vient de toutes parts?

J’ai trouvé déplacé les commentaires sur les tenues et intérêts de ses collègues, sur un alcoolisme sous-jacent chez un autre, décrire un personnage est une chose, en faire ressortir le dégout potentiel et orienter le lecteur en est une autre. Le fond de mon problème de lecture, c’est ça en fait, je me suis sentie orientée dans son texte. Pourtant j’ai croisé des cons(eillers) durant mon parcours, j’ai eu dans les files d’attentes des chômeurs proche de l’hystérie devant ou derrière moi, j’ai vu également des employeurs démolir des candidats, être méprisant envers les agents, j’ai vu des agents j’en foutiste, fumiste, fumeur constamment dehors.

Et Marion, et bien elle rassemble un peu tout ça. Parce que je n’aime pas être influencée dans ma lecture, je me suis focalisée sur ses retards qu’elle énumère presque, sur ses pauses cigarettes qui semblent incessantes dès qu’elle échappe à l’accueil, sur les absences et arrêt maladie de la seconde semaine de contrat,  sur sa répétition du mot loqueteux (pour tout le monde, pas de jaloux), sur sa fragilité que beaucoup ont du déceler inconsciemment et qui d’habitude m’attirerait beaucoup de sympathie, là ne m’émeut pas. On dirait qu’elle s’est caricaturée. Tout au début elle dit qu’elle n’est pas à sa place, mais elle y reste, personnellement quand le métier, les conditions de travail ne correspondent pas, je ne m’éternise pas, au pire je finis ma période d’essai pour tester jusqu’au bout ou vivre un mois la tête hors de l’eau. Samedi soir, elle passait dans l’émission de L. Ruquier, disant que l’idée de son livre à germer dès la première semaine de travail. Peut-être est-elle restée pour avoir de quoi nourrir les 240 pages, au fond la question je me la poserai longtemps, sans pour autant attendre de réponse.

Largement présente dans la presse, et sur des blogs à travers des réactions plus ou moins bonnes, je laisse le loisir de regarder par vous-mêmes, tout comme de le lire le livre et d’avoir un avis contraire au mien.

Ps 1: J’ai lu d’autres livres, entre autre celui de Fabienne Brutus sur son métier de conseillère également. Et j’ai beaucoup plus apprécié, le livre est surement plus fouillé, plus objectif, pourtant elles racontent toutes deux un désastre annoncé, des salariés désabusés et des demandeurs d’emploi aigris… parce que c’est comme ça et que l’information ne semble pas remontée.

Ps² : je ne minimise pas la souffrance au travail, elle a du en chier comme on dit, comme des milliers d’autres aussi.

Ps3: je prête le livre à qui n’en veux.

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comments

4 comments!!!

  1. zofia dit :

    Dès que j’ai entendu parlé de ce bouquin, je ne sais pas j’ai eu comme une suspicion… je me suis dit « tiens c’est bizarre ce livre tombe à pic ». Je ne l’ai pas lu mais j’ai l’impression (et ton avis conforte ceci) que ce n’était qu’un coup « marketing » si on peut dire.
    Ça fait un peu, tiens si je tirais profit de…

    p.s : pour me faire un avis plus complet et que t’es d’accord, je voudrais bien que tu me le prêtes.

  2. zapette dit :

    Il tourne chez nous… mais je ne suis pas sûre d’avoir envie de me replonger dans mon quotidien quand j’en sors tous les soirs… D’autant que la demoiselle a l’air d’égratigner les collègues au passage, et ça, c’est franchement pas sympa… :roll:

    • Emma dit :

      Je ne pense pas que tu retrouves ton quotidien en toute franchise… tu n’es pas dans sa situation, et surtout tu as une vision bien plus fouillée (selon moi) de ton métier et de la structure qu’elle ne peut l’avoir dans ce livre.