Marketing automobile

Dans le sport, il y a des bombes. La dernière bombe a ma connaissance est le retrait de Peugeot de l’endurance en course automobile, et surtout des 24 heures du Mans L’Epreuve Reine de ce circuit.

Des souvenirs de mes cours de marketing sportif me reviennent à la surface, les souvenirs d’investissement, image de marque, retour sur investissement…

Mais je vais parler cas concret, en me prenant moi pour exemple.

L’an dernier, je suis allée aux 24h du Mans, j’ai surtout pris en photo des montagnes de bouteilles de bière anglaises, et passé beaucoup de temps dans le village où toutes les marques s’affichent sous leur plus beau jour. Toute, non, une faisait de la résistance l’an dernier, je ne la nommerai pas, vous avez deviné laquelle. Comme voiture, il y avait deux voitures familiales, un fac-similé de celle qui courrait et un magnifique cordon tout autour avec l’interdiction de franchir la ligne.

A côté, toutes les autres marques affichaient leurs plus beaux modèles, on pouvait toucher, monter dans les voitures de tous les jours, et repartir avec des petits cadeaux. Pas chez le lion.

Alors quand j’ai été obligé de choisir une nouvelle voiture, quand j’ai fait le tour des concessionnaires, mon cerveau s’est souvenu de ceux qui m’avaient fait rêver, qui m’avait permis de voir les modèles, de m’asseoir dedans et dont j’avais la casquette ou le porte-clé.

Maintenant, on parle plus de groupes automobiles que de marque. J’ai choisi une voiture du groupe qui m’avait fait rêver, pour une question de prix, mais aussi parce que j’avais apprécié de les voir gagner, que peut-être qu’un petit bout de ma voiture découle de celle qui fait des ronds pendant 24 heures, surement parce que je ressens un peu de fierté de rouler dans cette marque.Je roulais en Pigeot avant, parce qu’ils m’avait fait rêver, que j’étais fière d’avoir un moteur H di qui avait été éprouvé en course et avait gagnait. J’y avais mis du temps, mais la voiture, j’avais fini par l’avoir.

Au final, je pense à un énorme gachis, je me demande ce qu’ils mettront en vitrine sur les champs Elysées pour faire rêver le touriste qui passe devant le show-room. Je plains les pilotes, mécaniciens qui sont sans travail, tout le monde sera reclassé selon leurs dires. C’est vrai que ça aura de la gueule de se faire faire la vidange par un mécano de courses endurance pour le quidam, mais pour les mécanos, je ne pense pas.

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Quand j’étais superman – Raphaël Poulain

Lundi dernier, je suis partie à la Fnac, j’ai acheté son livre, je l’ai lu d’une traite dans la soirée, participant du justesse au yaya chez Zette happée que j’étais par ces presque 250 pages.

Pour des raisons que certains connaissent ici, j’ai côtoyé le monde du sport professionnel pendant quelques années. J’ai donc voulu lire ce livre, et en plus pour une fois, j’étais même contente de le payer.

Je ne pensais pas que Raphaël Poulain était tombé si bas, si mal. Je sais bien que le sportif est un névrosé qui s’ignore le plus souvent, je suis restée sur le cul de voir autant de souffrances et surtout de ne pas avoir vu tout ça quand j’étais dans ce milieu car je suis certaine que ce n’est pas le seul. Il a flambé, on l’y a aidé, aider par manque d’encadrement, de conseil, aider parce qu’on jette un joueur à la fin de son contrat comme on change de paire de chaussure. Il est tombé à terre parce qu’en fin de compte, tant que tout va bien, on t’aime, on t’adule, t’es le champion le meilleur, il en parle superbement bien de ce côté éphémère. Le sportif au fond, a toujours besoin de reconnaissance, qu’on lui montre qu’on l’aime, de cette relation affective et positive qui le lie aux autres. C’est comme pour tout les êtres humains mais puissance 1000.

Ok, ce n’est pas de la grande littérature, mais ce n’est pas ce qu’on lui demande, ni ce qu’on vient chercher. On vient y chercher l’envers du décor, le comment ça peut arriver, et il l’explique, de long en large et en travers, tous les excès ou presque y passe, tous les fantasmes sur les joueurs qui pètent en plomb sont réunis. On se croirait dans un épisode de femmes de footballeur, sauf que là, ce n’est pas un soap, mais la vie d’un mec qui a mon âge ou presque, qui est bien réel et n’invente rien. La douleur, les cicatrices les coups, la course aux muscles, au fric, aux victoires, la frustration, quand on fait du sport à haut niveau, on la vit tous, la seconde vie est encore pire, surtout qu’il la vit encore, le rsa, ça suffit déjà pas pour survivre. Ça fait mal de savoir que certains se galèrent alors que quelques temps avant, le tapis rouge était sous leur pied.

Chez Ruquier, il a expliqué que le livre était aussi pour ceux qui arriveraient après lui dans le monde du sport professionnel. Tout le monde n’est pas Zidane, beaucoup déchantent, peu de reçus, beaucoup de collés plus ou moins tard. Et c’est là que les choses se gatent. On te jette comme un malpropre, du jour au lendemain, faire lire ce livraux éducateurs, parents, joueurs, pour qu’ils apprennent un peu plus sur ce monde.

Je ne vais pas repartir dans ma critique du monde pro, même si j’avoue ça me démange, et puis ceux qui me connaissent, savent ce que j’en pense, savent ce que j’ai vu, vécu. Mais lundi, en finissant de lire ce livre, j’ai oscillé entre une envie de vomir et une envie de pleurer, parce que son bouquin m’a pris aux tripes, parce qu’aujourd’hui son bouquin ne me fait pas regretter le métier que j’exerce aujourd’hui, qui n’est pas celui que j’avais choisi, mais qui au fond est moralement bien plus supportable. Supportable, parce qu’être la nana qui vend l’image d’un club, des joueurs, qui cherchent toujours comment ramener plus de fric pour payer les coupés sport, les appartements avec vue, l’open bar en boite, les virées beuverie à la mer, en fin de compte c’est puant et il vient de finir de m’ouvrir les yeux sur mon ancien métier (même si au final je l’ai pas beaucoup exercé le sport c’est quand même macho).

Choose life, choose a job, choose a career, choose a family, choose a fucking big television, choose woshing machines… choose life

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Dilemnes

Filer faire du sport ou filer faire les soldes?

Coucher sur papier le fond de mes pensées ou lui laisser penser que je suis indifférente?

Aller ou non jusqu’à la piscine au bout de la rue?

Me connecter ou non sur Oh ma courbe et constater ou pas un désastre?

Finalement, rester au fond de la piscine… goûter et savourer le silence des autres et me regarder buller.

Photo par ajari sous licence Creative Commons

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