Rien de grave

Je l’ai enfin lu, fini, approuvé, je m’y suis retrouvée, ça fait peur. Je me suis un peu retrouvée dans ce roman. Enfin roman ou autobiographie?

Au fond on a tous la réponse, ça a été étalé dans les journaux.

Bref, c’est bien écrit, c’est pas prise de tête dans la forme, un peu plus sur le fond. Parce qu’au fond elle renvoie à la délicatesse d’une rupture, de la gestion de l’après-rupture, de l’entourage, de tout plein de choses qui font mal. Et surtout elle parle de la solitude, de ce laissez-aller si facile vers le néant… Et ça m’a fait peur, j’ai été bien contente de ne pas le lire plus tôt, je serais noyée.

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183 jours dans la barbarie ordinaire

Je viens de finir le livre de Marion Bergeron 183 jours dans la barbarie ordinaire En CDD chez Pôle Emploi.

Je cherche un peu mes mots pour ne pas être trop abruptes, mais j’avoue avoir du mal. La lecture de son livre ne m’a donné qu’un avis négatif, sur sa présence, sur les méthodes de recrutement de Pôle Emploi, sur elle, parce que je n’ai pu faire autrement que de la juger, même si ce n’est pas franchement sympathique de faire ça.

J’ai trouvé dans ce livre l’impression d’un recrutement bâclé surtout quand on sait en quoi consistait les candidatures sur le site de Pôle Emploi, bâclé, parce qu’elle semble juger tout aussi facilement que je le fais là.  Pôle Emploi est surement coupable d’une chose, celle de parachuter des conseillers sans aucune formation, sans base autre que leur propre expérience. Mais je n’ai aucun souvenir d’avoir vu « expérience » sur les candidatures pour ces CDD et elle dit elle-même qu’on ne lui a pas posé la question en entretien. Du coup, comment savoir si les gens recrutés peuvent supporter la pression qui vient de toutes parts?

J’ai trouvé déplacé les commentaires sur les tenues et intérêts de ses collègues, sur un alcoolisme sous-jacent chez un autre, décrire un personnage est une chose, en faire ressortir le dégout potentiel et orienter le lecteur en est une autre. Le fond de mon problème de lecture, c’est ça en fait, je me suis sentie orientée dans son texte. Pourtant j’ai croisé des cons(eillers) durant mon parcours, j’ai eu dans les files d’attentes des chômeurs proche de l’hystérie devant ou derrière moi, j’ai vu également des employeurs démolir des candidats, être méprisant envers les agents, j’ai vu des agents j’en foutiste, fumiste, fumeur constamment dehors.

Et Marion, et bien elle rassemble un peu tout ça. Parce que je n’aime pas être influencée dans ma lecture, je me suis focalisée sur ses retards qu’elle énumère presque, sur ses pauses cigarettes qui semblent incessantes dès qu’elle échappe à l’accueil, sur les absences et arrêt maladie de la seconde semaine de contrat,  sur sa répétition du mot loqueteux (pour tout le monde, pas de jaloux), sur sa fragilité que beaucoup ont du déceler inconsciemment et qui d’habitude m’attirerait beaucoup de sympathie, là ne m’émeut pas. On dirait qu’elle s’est caricaturée. Tout au début elle dit qu’elle n’est pas à sa place, mais elle y reste, personnellement quand le métier, les conditions de travail ne correspondent pas, je ne m’éternise pas, au pire je finis ma période d’essai pour tester jusqu’au bout ou vivre un mois la tête hors de l’eau. Samedi soir, elle passait dans l’émission de L. Ruquier, disant que l’idée de son livre à germer dès la première semaine de travail. Peut-être est-elle restée pour avoir de quoi nourrir les 240 pages, au fond la question je me la poserai longtemps, sans pour autant attendre de réponse.

Largement présente dans la presse, et sur des blogs à travers des réactions plus ou moins bonnes, je laisse le loisir de regarder par vous-mêmes, tout comme de le lire le livre et d’avoir un avis contraire au mien.

Ps 1: J’ai lu d’autres livres, entre autre celui de Fabienne Brutus sur son métier de conseillère également. Et j’ai beaucoup plus apprécié, le livre est surement plus fouillé, plus objectif, pourtant elles racontent toutes deux un désastre annoncé, des salariés désabusés et des demandeurs d’emploi aigris… parce que c’est comme ça et que l’information ne semble pas remontée.

Ps² : je ne minimise pas la souffrance au travail, elle a du en chier comme on dit, comme des milliers d’autres aussi.

Ps3: je prête le livre à qui n’en veux.

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Les libraires

Il y a une ville où, comme beaucoup d’autres, les « petits » libraires disparaissent. Les irréductibles parleront de concurrence déloyale venant des grandes surfaces culturelles, d’Internet le méchant, du supermarché à 3km.

J’aime les petites librairies…mais, un jour, mon libraire attitré est devenu désagréable. Avant, ils étaient polis, disaient bonjour, répondaient gentillement à mes questions, ne me faisaient pas sentir que mon budget de quelques dizaines d’euros par mois était ridicule. Un après midi, je suis rentrée dans la boutique. 4 personnes étaient présentes. Les deux libraires, un couple. J’ai dit bonjour en entrant. Aucune réponse.

Bon passons, ils sont pris dans leur discussion. Je commence à fureter dans les rayons pour m’offrir la suite d’une série… il manque le tome que je voulais, je prends le suivant, ce n’est pas grave, les histoires ne se suivent pas. Je commence à tourner dans la boutique à la recherche du rayon où sera caché le Tome 3 de la série dont on m’a offert les deux premiers tomes à Noël. Je ne trouve pas, une couverture attire mon œil, je commence à feuilleter le livre pour voir s’il pourrait me plaire. J’entends au loin, alors que j’ai à peine entamé la première page « ce n’est pas un salon de lecture ici ». Le ton est donné. Je pars vers la caisse avec mes deux livres, tiens, on me dit bonjour, enfin monsieur, pas madame qui m’a empêché de peut-être apprécié un nouveau genre. Je demande si à tout hasard ils auraient le tome 3 de la série que je prends, histoire de pouvoir suivre. Ils ne l’ont pas, mais par contre on peut me le commander pour mercredi ou vendredi prochain.

J’ai décliné. Sur le moment, je l’aurais bien acheté dans cette petite librairie. Mais finalement, je commanderai sur Internet, les sites de vente en ligne sont polis, ils n’oublient pas de me dire bonjour dans le mail et n’ont jamais un signe de mépris parce que je ne dépense pas 400€ dans leur magasin… Voilà comment à force d’oublier d’être commerçant, une boutique que j’appréciais perd un client (de plus?).

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