Boire ou accélérer faut choisir

Je n’aime pas le rosé, enfin si mais boaf.  J’ai donc demandé si je ne pouvais pas attaquer le rouge que j’avais vu au sellier avec le repas. J’étais seul à en boire, mais ce n’est pas grave, quand on m’invite faut que ce soit sympa. Je n’ai torché que la moitié de la bouteille et suis reparti en voiture.

Une dizaine de kilomètres en agglo. Il y a une 2 X 2 voies. Il y a cinq ans c’était limité à 90 km /h. Il y a deux ans ils ont baissé à 70, maintenant c’est carrément 50.

J’ai respecté la limitation, et devinez quoi?

Mon esprit a eu un petit moment d’égarement, très surement à cause de mon taux d’alcool dans le sang. Bah malgré ça, à 50 km/h j’ai largement eu le temps d’éviter la bordure de béton sans même franchir la ligne continue du coté.

J’en conclue que les limitations sont calculées pour les réflexes des mecs bourrés.

Qu’est-ce qu’on risque à rouler bourré?

Amende, prison (si récidive ou vraiment en état de coma éthylique mais ce n’est pas mon cas), retrait du permis.

Ce premier risque, vu la probabilité du contrôle et le fait que je loge pas loin du travail en cas de retrait du permis, je l’assume.

Buter un piéton

On a vu ci dessus que les limitations de vitesses étaient adaptées aux mecs bourrés, suffit donc de les respecter, le risque reste tolérable.

On peut donc rouler bourré à condition de respecter la limitation de vitesse .

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et c’est par là:

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defi 13 (Leon)

Je ne comptais plus répondre aux défis d’écriture, pour certaines raisons occultes. Il arrive parfois que l’alcool aidant. Une idée émerge. Et si je tentais de la mettre sur du papier. Il y aura un air de déjà lu, je pense, entre du Barjavel, le grand secret et Baudy Le Scaphandre et le papillon. Je n’ai cependant encore rien écris. Commencer par l’introduction ce n’est pas très malin, car ça risque de changer en cours de route.

J’étais assis sur un banc depuis plusieurs heures. Un homme s’est approché et m’a demandé si j’allais bien. Je l’ai ignoré.
Il a du s’inquiéter car il a pris ma main et m’a dit plus fort:
« Monsieur, si vous m’entendez, dites quelques chose ou serrez moi la main ».
Je suis comme lui, j’ai passé mon attestation de formation aux premiers secours. La phrase est normalement:
« Monsieur si vous m’entendez, ouvrez les yeux, serrez moi la main ».
Il doit être relativement intelligent pour avoir su reformuler et adapter une phrase « type » sans bégayer ni rien, malgré la situation. Puis il a continué à s’agiter, il a pris mon pouls. Je n’ai plus prêté attention à ce qui se passait autours de moi. mes pensées étaient verrouillées sur « la nouvelle ». Je me rappelle vaguement qu’à un moment j’ai vu des gyrophares dans le coin de mon œil, et deviné quelques silhouettes, mais je n’ai même pas détourné mon regard. C’était sans importance.

Plus tard, j’étais allongé sur un lit d’hôpital. J’ai vu des hommes en blouse me passer des lumières dans les yeux. Mais je m’en foutais. Je ne bougeais pas. S’ils savaient…
Ma femme est venue à mon chevet. Elle m’a touché, m’a parlé, a pleurée. Mais bien que je l’aime, si elle savait ce que je sais. Il me fallait du temps pour encaisser cette information. Je devais dédier mon conscient et mon inconscient à ça. Je n’avais pas le temps de m’émouvoir ou même de lui faire quelque signe. J’aurai perdu trop de temps à tenter de faire en sorte qu’elle comprenne quelque chose que personne ne comprendrai.

Ma fille m’a dit que c’était la dernière fois qu’elle venait. ça faisait huit années que j’étais sur ce lit. Elle s’est mariée et était enceinte. elle partait en France, vivre avec le père de mon petit enfant. A ce moment là, je pense que javais fait la moitié du travail cérébral pour encaisser et analyser « la nouvelle ».

Ils m’ont à nouveau passé dans la machine qui fait du bruit, l’IRM je crois. J’ai entendu le médecin dire à ma femme que c’était bizarre. Il a tenté de vulgariser son langage. un truc du genre « D’habitude, les gens comme votre mari ont une activité cérébrale affaiblie. La sienne est anormalement élevée, et déborde de la zone… enfin, vous voyez cette zone rouge. C’est la zone active du cerveau. Ce qui est bizarre, c’est que là c’est la zone du calcul, là la vue, là le langage et cætera… Ces zones sont actives de façon concentriques. Comme si cette zone centrale les avait sollicités. Prenons l’évolution des scanners que nous avons fait; La zone d’activité s’est jusqu’à présent agrandie, sauf aujourd’hui. Elle est légèrement plus petite. Ça parait être sur le déclin. »

Ma femme n’est pas venue depuis longtemps, et le docteur qui me suivait a été remplacé. J’ai fini d’analyser la nouvelle. J’ai tenté de me lever, mes muscles sont trop faibles.  j’ai tenté de parler à l’infirmière, mais rien n’est sorti. Je ne sais plus comment émettre un son. C’est angoissant. Il y a une caméra de surveillance qui pointe vers moi. Je suis résigné; je tente de raconter mon histoire en morse en clignant des yeux. Je vais expliquer la nouvelle, en espérant que quelqu’un derrière la caméra déchiffre mon message.

Je suis infirmier, chargé de la surveillance vidéo de patients paraplégiques et en lock syndrome. Ça fait trois heures que je suis assis sur ce banc.

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