Sans mon smartphone je crois que mon périple médical de l’an dernier (oui j’écris à retardement et alors) aurait été beaucoup plus douloureux qu’il ne l’à été!
J’avais passé ma semaine de médecins en médecins pour au final une broutille, enfin, une broutille dans le sens où je me voyais déjà choisir lors d’une prochaine séance shopping mon cercueil et son capitonnage en soie. Donc, je vous rassure tout va presque bien j’ai gagné le droit de continuer encore un peu beaucoup de vivre et par conséquent d’écrire ici.
J’avais donc commencé, comme il se doit grâce au magnifique parcours coordonné de soins, par une visite chez mon généraliste adoré. Je l’aime bien mon généraliste, il écoute mes jérémiades, me file de l’homéopathie, encore mieux des fois il me file rien, et puis il me rassure sur mes délires hypocondriaques. Un jour j’en parlerai, enfin peut-être pas ici mais certainement à mon psy, il adorera.
Bref, douleurs de merde à une articulation déjà malmenée, 2h d’attente chez le médecin pour cause d’urgences à la con, de mères abusives qui pensent que la vie de leur enfant avec 38,5 de fièvre passe avant celle de la mamie avec 40, et qui débarque dans la salle d’attente en disant « Je peux passer avant vous, le petit n’est vraiment pas bien ». Tu réponds pas, tu passes pour la connasse qui est là pour rien, tu réponds non, tu passes pour la connasse égoïste, tu réponds oui l’air exaspéré, t’es juste une connasse. Et ce raisonnement s’applique aux 4 personnes qui attendent tout comme toi depuis une demi-heure minimum. Bref, y en a eu trois comme ça. Alors j’ai navigué sur le oueb, bien sur j’ai profité de ce temps pour parcourir la moitié de doctissimo correspondant à mes symptômes, et j’en ai déduit que j’allais mourir dans d’atroces souffrances après quatre amputations dont celle de la tête.
Deux heures c’est long, mais comme je suis gentille, je n’ai pas posé mon diagnostic, et dicté mon ordonnance à mon médecin. Donc les médocs pour soulager la douleur, c’est fait… Mais je suis ressortie avec le droit de passer radios ET IRM.
Et l’IRM j’aime pas ça. Parce que pendant bien longtemps, dans ma contrée reculée, y en avait pas d’IRM. Donc fallait se taper la capitale régionale au bout de deux mois d’attente. J’ai donc appelé pour prendre un rendez-vous dans ma cambrousse, on m’a annoncé deux mois et demi d’attente, je suis partie à la grande ville, une semaine c’est bien plus raisonnable.
Surtout que quand tu vas passer un IRM, faut aussi être patient. J’ai donc préparé à fond mon rendez-vous, pire que pour un entretien d’embauche. J’ai mis culotte et soutif sans baleine assortis, j’aime pas être sans soutif, j’ai pensé à virer tous mes bijoux, j’ai mis des chaussettes chaudes (il fait toujours froid quand tu passes un IRM), et j’ai aussi pris la moitié du tube d’homéopathie pour les angoisses rapport au fait que la tête la première dans la machine, ça me fait flipper.
Je suis donc arrivée à 7h30, pour passer mon IRM. Pimpante, pas du tout angoissée, et j’ai donc attendu 45minutes que le secrétariat ouvre pour de vrai. J’ai donc joué une heure à Angry Birds, mamie en déambulateur m’ayant grillé la priorité.
Entre le secrétariat et l’examen, j’ai rempli le questionnaire en deux minutes, en relisant deux fois les mentions de sécurité et en me demandant si j’étais enceinte ou pas vu l’état de ma vie sexuelle depuis 10 mois à ce moment là genre double contraception. J’ai fait part de mon doute à doctissimo, qui m’a rassuré de suite, la gestation d’une vache, c’est 9 mois et demi, il restait juste un doute par rapport à la vache de mer, c’est 13 mois, mais comme j’ai regardé mes pieds, que je n’avais pas mes palmes, j’en ai déduit que c’était bon. J’ai continué à naviguer, ouvert mon netvibes (qui est merdique en version wap faudra y penser à faire une véritable version mobile), et j’ai lu les blogs longtemps, enfin, c’est juste quand je commençais à être absorbée par un blog que bien sur on est venu me chercher.
L’IRM, c’est long, t’as pas ton tél, et t’as de la musique que t’as pas choisi dans les oreilles. Bon, je reconnais qu’il y a du progrès, une fois je m’étais retrouvé avec un opéra morbide dont j’ai oublié le nom dans les oreilles. Bref, là j’avais du placebo, franchement c’est bien vu, des fois que l’IRM soigne.
Quand tu ressors, t’as encore le droit d’attendre, donc tu googles « qui choisit la musique de l’IRM », tu ne trouves pas la réponse, mais tu écoutes IRM de Charlotte Gainsbourg, et ça t’entête. Après avoir écouté six fois la chanson en boucle, tu as la chance d’être reçu par le radiologue.
Là, ça c’est corsé, j’ai pas compris 1% des mots employés. J’ai posé mon cerveau, acquiescé, et pensé à qui était le mieux niveau cercueil.
L’après-midi, j’avais rendez-vous avec le spécialiste qui déchire tout, dieu des chirurgiens il parait. Et bien dieu, il a pas inventé l’horloge, il n’a pas non plus inventé la politesse. J’ai donc patienté encore une fois deux heures, dont trente minutes dans un box à moitié nue, et j’ai pas vu passer un seul interne potable. Pendant ces deux heures, j’ai donc recherché un blog de chirurgien ponctuel, et j’ai pas trouvé, j’ai enchainé sur le site de la clinique pour rechercher une enquête de satisfaction, j’ai trouvé, j’ai répondu, mais le pseudo-dieu n’est pas arrivé plus vite malgré l’avis de merte que je lui ai mis.
Avec les dieux, c’est rapide les rendez-vous, deux ordonnances toutes faites, déjà tamponnées, signées avec un trait, bon rétablissement-je peux rien faire-c’est 98 euros à régler à ma secrétaire-à jamais.
J’ai payé, je suis partie, j’ai allumé le GPS du téléphone, j’avais trouvé où acheter un cercueil à 50%


