Quand les journaleux découvrent le monde

Photo par Stefano Corso sous licence Creative Commons

Depuis quelques semaines, certains journalistes découvrent des choses sur Pôle Emploi au gré des annonces de certains ministères.

Commençons par le recrutement de professeurs vacataires, remplaçants ou non pour l’éduc nat, trois ans que ce genre d’annonces pullulent sur le site de recherche d’emploi. Alors du coup, j’ai du mal à comprendre que la presse attende une campagne publicitaire pour faire de la fausse investigation… Il suffisait juste d’observer.

Ensuite, viens le super cas des annonces où des langues étrangères sans aucun rapport ou si peu sont demandées. Souhaitées ou obligatoires suivant les cas. Cela fait aussi de très longs mois que je les vois passer. Entre les langues régionales indispensables pour des postes où elles sont totalement inutiles, la langue maternelle autre que le français pour rester entre soi ou juste placer son neveu via les aides à l’embauche, j’ai plein d’exemples en stock.

D’autres exemples, que les journalistes découvriront peut-être bientôt. La discrimination géographique « habiter sur le secteur », « résidence obligatoire à moins de 10 minutes » pour des postes de secrétaire, agent d’accueil ou caissière, vachement utile, il y a sûrement des astreintes liées à ces postes.

Il y a aussi les annonces sur l’âge, sous prétexte de favoriser l’emploi des jeunes, par exemple, un paquet d’offres réservées aux moins de 25 ans avaient fait leur apparition en leur temps. Moins de 25 ans mais 10 ans d’expérience demandée….

Bon allez, je m’arrête là, je me fais du mal…

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183 jours dans la barbarie ordinaire

Je viens de finir le livre de Marion Bergeron 183 jours dans la barbarie ordinaire En CDD chez Pôle Emploi.

Je cherche un peu mes mots pour ne pas être trop abruptes, mais j’avoue avoir du mal. La lecture de son livre ne m’a donné qu’un avis négatif, sur sa présence, sur les méthodes de recrutement de Pôle Emploi, sur elle, parce que je n’ai pu faire autrement que de la juger, même si ce n’est pas franchement sympathique de faire ça.

J’ai trouvé dans ce livre l’impression d’un recrutement bâclé surtout quand on sait en quoi consistait les candidatures sur le site de Pôle Emploi, bâclé, parce qu’elle semble juger tout aussi facilement que je le fais là.  Pôle Emploi est surement coupable d’une chose, celle de parachuter des conseillers sans aucune formation, sans base autre que leur propre expérience. Mais je n’ai aucun souvenir d’avoir vu « expérience » sur les candidatures pour ces CDD et elle dit elle-même qu’on ne lui a pas posé la question en entretien. Du coup, comment savoir si les gens recrutés peuvent supporter la pression qui vient de toutes parts?

J’ai trouvé déplacé les commentaires sur les tenues et intérêts de ses collègues, sur un alcoolisme sous-jacent chez un autre, décrire un personnage est une chose, en faire ressortir le dégout potentiel et orienter le lecteur en est une autre. Le fond de mon problème de lecture, c’est ça en fait, je me suis sentie orientée dans son texte. Pourtant j’ai croisé des cons(eillers) durant mon parcours, j’ai eu dans les files d’attentes des chômeurs proche de l’hystérie devant ou derrière moi, j’ai vu également des employeurs démolir des candidats, être méprisant envers les agents, j’ai vu des agents j’en foutiste, fumiste, fumeur constamment dehors.

Et Marion, et bien elle rassemble un peu tout ça. Parce que je n’aime pas être influencée dans ma lecture, je me suis focalisée sur ses retards qu’elle énumère presque, sur ses pauses cigarettes qui semblent incessantes dès qu’elle échappe à l’accueil, sur les absences et arrêt maladie de la seconde semaine de contrat,  sur sa répétition du mot loqueteux (pour tout le monde, pas de jaloux), sur sa fragilité que beaucoup ont du déceler inconsciemment et qui d’habitude m’attirerait beaucoup de sympathie, là ne m’émeut pas. On dirait qu’elle s’est caricaturée. Tout au début elle dit qu’elle n’est pas à sa place, mais elle y reste, personnellement quand le métier, les conditions de travail ne correspondent pas, je ne m’éternise pas, au pire je finis ma période d’essai pour tester jusqu’au bout ou vivre un mois la tête hors de l’eau. Samedi soir, elle passait dans l’émission de L. Ruquier, disant que l’idée de son livre à germer dès la première semaine de travail. Peut-être est-elle restée pour avoir de quoi nourrir les 240 pages, au fond la question je me la poserai longtemps, sans pour autant attendre de réponse.

Largement présente dans la presse, et sur des blogs à travers des réactions plus ou moins bonnes, je laisse le loisir de regarder par vous-mêmes, tout comme de le lire le livre et d’avoir un avis contraire au mien.

Ps 1: J’ai lu d’autres livres, entre autre celui de Fabienne Brutus sur son métier de conseillère également. Et j’ai beaucoup plus apprécié, le livre est surement plus fouillé, plus objectif, pourtant elles racontent toutes deux un désastre annoncé, des salariés désabusés et des demandeurs d’emploi aigris… parce que c’est comme ça et que l’information ne semble pas remontée.

Ps² : je ne minimise pas la souffrance au travail, elle a du en chier comme on dit, comme des milliers d’autres aussi.

Ps3: je prête le livre à qui n’en veux.

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Pôle emploi: le retour de la mort qui tue

Ca faisait longtemps que je ne vous en avez pas parlé, je suis certaine que ça vous manque, et je suis tout aussi certaine que Zapette passera!

Début juillet, j’ai changé de pôle emploi, et donc de conseiller, je ne suis plus suivie par monsieur spé sport mais par la femme invisible.

J’ai comme projet de partir, je ne vais pas m’étendre sur le sujet, mais bon des fois c’est nécessaire. Je voudrais du coup, avoir toutes les cartes en main, connaitre les démarches,et faire un point avec ma conseillère attribuée histoire de ne pas devoir des millions en rentrant en France à Pôle Emploi. Donc, début juillet, je me suis pointée au Pôle emploi histoire de demander un rendez-vous avec la conseillère. 2 mois et demi avant c’est quand même un délai super long qui laisse espérer une issue favorable. Et bien non, pour cause de « panne informatique » il est impossible de me fixer un RDV. Je repasse 10 jours plus tard, l’agent d’accueil, elle-même conseillère transmet devant moi un mail à ma conseillère, en lui demandant de prendre contact avec moi soit par mail, soit par téléphone pour fixer un RDV. C’était il y a trois semaines.

Comme je suis patiente, j’avais osé attendre qu’elle me réponde, ne serait-ce que pour me dire qu’elle ne pouvait pas me recevoir!

Alors ce matin, bonne poire, je me suis déplacée au Pôle emploi pour aller aux nouvelles. Je suis tombée sur une conseillère à l’accueil, qui m’a fait peur, au pied elle avait des chaussons rythmiques comme ceux-là le talon cassé, mis comme des mules, avec des chaussettes de tennis au pied, un legging et une petite robe un peu gore à mon goût mais bon, ce n’est pas moi qui la porte donc pas trop grave.Par contre, les pompes là c’est pas possible, je vais encore paraitre pour une chieuse, mais merte, quand on bosse dans un service public, au contact du public on fait un minimum d’effort, les chaussons de gym on les garde pour la gym ou la maison. D’ailleurs le monsieur derrière moi, angoissé au maximum m’a balancé à l’oreille « regardez elle a gardé ses chaussons »… Bref, j’en reviens à moi, mon petit égo, c’est comme si j’allais bossé dans une de mes collectivités territoriales attitrées en crocs:

Crocs violette

Je rentre les pieds pour faire blogueuse mode à la rentrée

La madame a trouvé que c’était fort intéressant de me demander pourquoi je venais, et ensuite de partir voir une autre personne… Bon, je patiente. Longtemps, enfin longtemps quand t’es debout avec des talons de 8 cm qui font partis de ma panoplie de barbie. Elle revient enfin vers moi, pour me redemander ce qui lui vaut ma présence aujourd’hui, je ré-explique donc ma démarche, je redemande donc un RDV, et là, ça devient du grand art, dans l’ordre:

  1. Je ne peux pas vous donner de rendez-vous, nous ne prévoyons pas de plage horaire pour les entretiens individuels
  2. Ma collègue n’a certainement pas envoyé le mail
  3. On est en travaux c’est impossible de travailler, les ouvriers nous gênent
  4. On a 400 personnes à suivre, alors on préfère faire des contrôles.

Je reste zen… Pour les RDV sans plage horaire, c’est balot, j’ai vu le planning, mais je me suis bien cachée de lui dire… Pour le non envoi du mail, je n’ai pas pu m’empêcher de lui rétorquer que ça ne se faisait pas de dénigrer le travail de ses collègues et que l’esprit de corps devait être un peu plus présent vis à vis des demandeurs d’emploi. Cela ne sert à rien sauf à énerver encore plus les gens.

Rapport aux travaux, je lui ai tout simplement demandé si elle se rendait compte de la détresse dans laquelle on se trouve de l’autre côté de la barrière…

Et pour la préférence aux contrôles plutôt qu’au suivi, j’en déduis qu’il est plus simple pour elle de contrôler plutôt que de jouer un rôle de conseil, d’encouragement qui demande certainement du tact.

Je suis certaine qu’elle ne transmettra pas le message, que je n’aurais pas mon RDV avant de partir, que par conséquent, je serai toujours sans réponse quand je prendrai mon avion. Ça me met les nerfs, surtout que je déteste les gens qui disent que les autres ne font pas leur travail à des usagers, que je vais devoir me lancer dans des démarches improbables pour avoir des réponses, dépenser de l’énergie et surtout du temps parce que certains se croient mieux que les autres.

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